Rouge autour du monde / Red around the world

Carnet de voyage d'une globe-trotter très amoureuse de la couleur rouge. Travel sketchbook of a globe-trotter very much in love with the color red.

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08/08/07

Rouge comme le desir: indienne libido / Red like the desire: Indian Libido

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(In the antic stores of Kochi one finds elements of ancient costums for the goddesses. Now they are in fabric, they used to be made of wood).

Le chauffeur n'a pas assiste au spectacle: le katakali, il n'y comprend rien.
Nous prenons la route du retour dans la nuit. Il est tres fatigue alors nous discutons un peu pour qu'il ne s'endorme pas au volant.
Et tranquillement, comme de bien entendu, la discussion glisse vers les rapports entre les hommes et les femmes.

Mais que se passe-t-il dont en Inde? Les hommes - les femmes se livrent peu - semblent vivrent leur sexualite dans une frustration exasperee... et exasperante pour les femmes qui voyagent dans leur pays. Immanquablement le sujet tombe. Commencer a discuter avec un Indien c'est se voir a un moment ou a un autre, demander ou de l'argent ou un service "en nature". Parce que nous sommes etiquetees d'emblee "faciles" ou plutot tres libres. Bien sur certaines voyageuses investissent dans une petite alliance et un soi-disant mari au loin ou les attendant patiement dans la chambre d'hotel. Mais le stratageme decouragent a peine certains qui repliquent que "dans nos pays" tromper n'est pas grave, n'est-ce pas?

Celle qui voyage seule doit porter des le reveil une armure de mauvaise volonte, de mepris, et faire rentrer entre ses paupieres autant de durete qu'il est possible d'y glisser.
Je suis donc arrivee en Inde enthousiaste et heureuse, mais au deuxieme manager d'hotel venant frapper a ma porte a 2h du matin pour "me poser une question", j'ai du renoncer a ma bonne humeur, mon sourire, et caller mon sac a dos- heureusement serieusement alourdi par mon materiel de dessin - devant ma porte (c'est qu'un manager d'hotel a la clef des chambres...).

Non je ne veux pas regarder ton livre sur le kamasutra, je veux juste savoir a quelle heure les pecheurs rentrent au port.

Non je ne suis pas celibataire j'ai un mari tres occupe en France. Et comment ca tromper ca n'est pas grave? Mais dieu voit! (mon chauffeur est chretien et il se ratatine sur son siege "oui s'est vrai...") et Shiva aussi!

Et non vraiment je n'ai pas envie d'un massage, meme plus tard... d'ailleurs je ne me sens pas bien du tout tout d'un coup, j'ai envie de vomir... oh lala il faut que j'y aille!

Outre les conversations desagreables, les propositions, les femmes qui voyagent en Inde subissent une autre marque d'interet exaggere: les Indiens les devisagent. Dans mon pays un regard noir a l'interresse suffit a le faire lacher prise et baisser les yeux. Mais en Inde RIEN ne decourage l'observateur. J'ai pris une fois un train pendant six heures.. et pendant ces six heures un homme m'a fixee. J'ai eu beau soupirer, prendre un air exaspere, outrage, furieux, rien n'y a fait, pas meme l'indifference.

Dans les films de Bollyhood, l'heroine detourne les yeux, choquee, lorsqu'un homme lui fait des avances. Mais aussitot elle le regarde a nouveau, esquisse un sourire... Au cinema le "non" fait parti du jeu de la seduction, non veut dire oui. Ca devient donc cornelien. Oui veut dire oui, et on ne peut pas dire oui si c'est non, et non veut dire oui alors que l'on veut vraiment dire non.

La solution est penible. Elle consiste a ne jamais croiser le regard d'un homme, a ne pas repondre aux questions, a vivre dans un monde parallele et muet. Ou alors il faut hurler avant meme d'etre abordee.
Je decide de faire un peu des deux.

Il resulte de cette durete une grande solitude. Alors, puisque les femmes sont invisibles, les hommes "intouchables", le prochain etranger qui passe, d'ou qu'il soit, est un ami! voir le "mari" invente enfin sorti de sa chambre, un Zorro, un Superman, un sauveur. Et la tout va mieux, les sujets de conversation sont nouveaux, on est soudain beaucoup moins serree sur la banquette du train ou du bus!
Hommes revants d'etre protecteurs et le heros de ces dames, n'attendez plus, courez en Inde, vous y etes esperes!

En vous attendant, j'ai rencontre un petit garcon qui, apres que je me sois excusee d'avoir bouscule un homme m'a lance: "non non! ne t'excuse pas! il l'a fait expres pour te toucher!". Et plus tard, alors que, comme d'habitude, je criais "non!" mechament, il a calmement constate: " tu es une femme tres en colere". "Mais non, ai-je replique, j'en ai juste assez de devoir repousser un vendeur, ou un "acheteur" tous les 10 metres!". Alors il a lui-meme repousse tous ceux qui m'approchaient, pour une raison ou pour une autre, et j'ai passe une des journees les plus agreables de mon sejour en Inde!

Oui mais voila. Le petit garcon devient grand... et il change. Il fait pareil. Il bouscule, il pince, il devisage, il colle... bref, il rend le sejour d'une femme vraiment penible.

Une Allemande rencontree dans un cafe a Kochi me disait sont decouragement et sa colere. Elle avait voyage pendant presqu'un an dans toute l'Asie sans aucun probleme mais elle quittait prematurement l'Inde excedee d'etre harcellee ainsi.

Bien sur, il y a des exceptions. Chaque fois que je suis sur le point de jurer que jamais je ne remettrais les pieds dans ce pays, que les Indiens sont tous insupportables, un Indien se montre absolument charmant et civilise, gentil, desinterresse. Inde, contrastee et contradictoire, exasperante et fascinante!

Le chauffeur est parfaitement eveille a present. Il me depose devant ma guest house. Il est presque 6h du matin. Le manager vient m'ouvrir... et un quart d'heure plus tard vient tambouriner a ma porte. Je lui hurle (pour reveiller les autres touristes) d'aller se coucher. Demain je lui dirais que j'ai un mari. Un champion de karate.



(I am so tired of being harassed that I start to dream about a little costume that would make my feminity invisible... Unavailing fantasy.)

The driver did not watch the show: he does not understand anything about kathakali.
We are heading back in the night. He is really tired so we start discussing a bit for him not to fall asleep driving.

And slowly, as if obviously, the discussion slides towards men and women relationships.

What is going on in India? Men - women dont speak much - seems to live their sexuallity in an exasperated frustration... exasperating for the women travelling in their country. The topic is inevitably adressed.

Starting a conversation with an Indian always lead to be asked, soon or later, either some money or a payment "in kind". Because we are right away thought to be "easy" or rather very free. Of course some women travelers invest in a small wedding ring and a so called husband away or waiting for them in the hotel room. But the subterfuge barely discourage some who reply that "in our countries" cheatting does not really matters does it?

As soon as she wakes up the woman who travels on her own must put on an armour of bad will, of desdain, and put between her eyelids as much arshness as possible.

I therefore arrived in India enthousiastic and happy but after the second hotel manager came knocking on my door at 2 in the morning to "ask me a question", I seriously had to relinquish my good temper, my smile, and stuck my backpack - fortunately seriously weighted by my drawing equipment - against the door at night (for hotel managers have the keys of the rooms...).

No I dont want to look at your book about kamasutra, I just want to know at what time the fishermen are coming back to harbor.

No I am not single, I have a very busy husband in France.And how can you say that cheatting does not matter? But God sees! (my driver is Christian and shrivels up in his seat "yes it's true...") and Shiva as well!

And no, I really do not feel like having a massage, even later... in fact I feel really ill suddenly, I think I am going to vomit... oh lala I have to go!

Outside of uncomfortable conversations and proposals, travelling women in India undergo a different form of inflated interest: Indian stare at them. In my country a dark look at the man is enough to make him let go and stare down. But in India NOTHING discourages the observant. I once took a train during six hours... and a man stared at me during those six hours. I sighed. I looked fed up, outraged, furious. Nothing helped. Not even disinterest.

In Bollyhood movies, the heroine looks away, offended, when a man tries to seduce her. But immediately she looks at him again, starts to smile... In movies "no" is part of the game of seduction, no means yes. It therefore becomes Cornelian. Yes means yes, and one cannot say yes if it's no, and no means yes when one really wants to say no.

The way out is painful. You must never cross a man's eyes, never answer questions, live in a parallel and mute world. Or else you must scream before even being approached.
I decide to do a bit of both.

The result of so much hardness is a great loneliness. Then, since the women are invisible, the men "untouchable", the next foreigner passing by, whereever he comes from, is a friend! maybe even the "husband" finally out of his room, a Zorro, a Superman, a saviour. And everything goes much nicer, conversation's topics are all new, suddenly you are a lot less squeezed on the seat of the train or the bus!
Men dreaming of being protective and ladies' heros, don't wait anymore, run to India, you are longed-for!

Waiting for you, I met a little boy who, after I apologied to a man for barging into him, warned me: "no no! dont apology! he did it on purpose so he could touch you!". And then later, as I was as usual meanly screaming "no", he calmly noted: "you are a very angry woman". "No I am not, I am just tired to have to push back a seller or a "buyer" every 10 meters!". Then he himself kept away anyone getting near me for a reason or an other, and I spent one of the nicest day of my stay in India!

But that's the way it is: the little boy grows up... and he changes. I does the same thing. He shoves, he pinches, he stares, he "glues"... In short he makes a woman's trip very painful.

A German woman met in a cafe in Kochi told me how discouraged and angry she was. She had been traveling for a about a year in Asia without a problem but she was about to leave prematurely India because she was so sick and tired of being harassed.

Of course, there are exceptions. Everytime I am about to swear that I will never come back again in this country, that all Indians are unbearable, an Indian shows up who is totally charming and civilized, kind, selfless. India, contrasted and self-contradictory, infuriating and fascinating!

The driver is fully awake now. He drops me in front of my guest house. It's almost 6 in the morning. The manager comes to open... and 15 minutes later he comes knocking on my room's door. I scream to him (in order to wake the other tourists up) to go to bed. Tomorrow I will tell him that I have a husband. A karate champion.

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